Historique

Les méthodes, les machines

La nécessité de recourir à une écriture rapide pour retranscrire la parole a de tout temps occupé les esprits. Des systèmes d’écriture abrégée étaient déjà utilisés sur les tablettes antiques, puis dans les manuscrits médiévaux.

Sténographie et dactylographie (du grec stenos, serré, réduit, dactulos, doigt, et graphein, écrire)

Les méthodes de sténographie Duployé et Prévost-Delaunay s’imposèrent à partir de 1878, parallèlement à l’invention des machines à écrire.

Sténotypie (du grec stenos, serré, et typos, caractère)

Il restait à inventer une machine plus fiable et plus rapide à partir d’un système facilement lisible : la sténotype.

Après les prototype de Benoît Gonod (France, 1827), Celestino Galli (Italie, 1831), Luigi Lamonica (Italie, 1867), Isidoro Maggi (Italie, 1871), la machine d’Antonio Michela-Zucco (Italie, 1863, présentation officielle à l’Exposition internationale de Paris en 1878) connut un certain succès et fut utilisée par le Parlement italien dès 1880.

Les Etats-Unis ne furent pas en reste avec le brevet de John Zachos (New-York, 1876), la machine de George Kerr Anderson (1885) puis la machine de Ward Stone Ireland perfectionnée par Anderson (1910), base de la machine utilisée pour la langue anglaise et toujours en vigueur.

En France, c’est Marc Grandjean qui inventa en 1909 la machine qui porte son nom et qui a traversé le siècle suite à quelques perfectionnements liés aux progrès technologiques. Sa méthode parfaitement adaptée (disposition du clavier, choix des caractères) reste utilisée par tous les sténotypistes de langue française. Il fonde en 1923 la société Sténotype Grandjean et ouvre peu de temps après le premier centre de formation de sténotypistes.

Pour en savoir plus, consulter utilement les liens suivants :
www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/se/secretaire.html
fr.wikipedia.org/wiki/Sténotype

Faits marquants

Les sténotypistes étaient présents :

  • au procès de Nuremberg (20 novembre 1945-10 octobre 1946) ;
  • au procès Barbie (11 mai-4 juillet 1987, Cour d’assises de Lyon) ;
  • au procès Touvier (17 mars-20 avril 1994, Cour d’assises des Yvelines).

Ils travaillent ou ont travaillé dans différentes institutions de l’Organisation des Nations Unies :

  • le siège des Nations Unies (New York) : service de retranscription des discours en français ;
  • le même service à la Food and Agriculture Organisation (Rome) ;
  • le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, créé en 1993 par le Conseil de sécurité de l’ONU et situé à La Haye (Pays-Bas) ;
  • le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) : créé en 1994 par le Conseil de sécurité de l’ONU et installé à Arusha (Tanzanie) en 1995 ;
  • la Cour pénale internationale, installée le 1er juillet 2002 à La Haye (Pays Bas).

Le métier

Sténotype, sténotypiste, sténotypie

À l’aide de sa sténotype, le sténotypiste peut transcrire intégralement et simultanément tous les propos tenus au cours de réunions, discours ou conférences. La sténotypie est la seule méthode de transcription fiable de la parole permettant d’atteindre des vitesses avoisinant les 230 mots/minute, celles qui ont cours de nos jours dans les médias, les tribunes politiques ou les divers lieux de discussion.

Comment travaillent les sténotypistes ?

Depuis l’invention de la méthode, les sténotypistes ne disposaient que d’un seul procédé : ils devaient relire leurs bobinettes ou leurs pads et en dactylographier le contenu. Désormais, la plupart d’entre eux ont recours aux logiciels de transcription assistée par ordinateur (TAO), qui permettent de traduire automatiquement en français le code phonétique de la sténotypie et d’afficher le texte sur écran. Il suffit ensuite à l’opérateur de corriger les éventuels raccordements syllabiques erronés et les quelques fautes d’orthographe pour obtenir un document écrit parfaitement lisible.

Dans quels organismes interviennent-ils ?

Les sténotypistes sont au cœur du monde économique, politique, social, juridique, culturel et financier. On fait appel à eux pour assister à des réunions ou conférences de natures très diverses. Ils peuvent se déplacer dans toute la France.

Pourquoi fait-on appel à eux ? Quelles garanties offrent les sténotypistes adhérant à l’AFSC ?

Hautement qualifiés, titulaires d’un titre homologué par l’État et tenus au secret professionnel, ils exercent leur métier en toute impartialité, confidentialité et indépendance. Leurs prises constituent un début de preuve devant les tribunaux. Ils sont ainsi les garants d’une transcription parfaite et fidèle des propos tenus au cours des débats auxquels ils assistent. L’AFSC est seule habilitée à garantir la déontologie de ses membres.

Sous quel statut exercent-ils ?

Généralement sous statut de travailleur indépendant, ils peuvent se regrouper en cabinets et exercer également en tant que salariés.